Cole Wehrle est lâauteur de Root que je vais Ă©viter de prĂ©senter, Pax Pamir (Second Edition) qui remporte un large succĂšs auprĂšs des backers ou le trĂšs complexe (et introuvable) John Company.
Il reviendra sur Kickstarter ce soir (14 janvier), avec une nouvelle petite perle dont lui seul Ă le secret : Oath: Chronicles of Empire and Exile. Et il pourrait trĂšs bien faire tomber quelques records.
Cet article a été mis à jour le 13 janvier. Pour lire directement les nouvelles informations, cliquez ici

Oath: Chronicles of Empire and Exile est nĂ© de la passion du monsieur pour les jeux Ă histoire. Et aussi -surtout!- de sa âhaineâ des systĂšmes utilisĂ©s habituellement pour gĂ©nĂ©rer artificiellement ces histoires et leurs pĂ©ripĂ©ties. Que ce soit des cartes EvĂ©nement, une application ou, comme ils se multiplient actuellement, de gros volumes remplis de choix Ă embranchements multiples⊠qui ne sont lĂ que pour vous emmener lĂ oĂč lâauteur lâa dĂ©cidĂ©.
Rien de tout cela, donc, dans ce futur Oath qui nous plongera dans lâhistoire dâune contrĂ©e fictive que les jou⊠vous (mais si, vous en serez^^) Ă©crirez sur plusieurs gĂ©nĂ©rations. Lors de chaque partie, vous incarnerez une personnalitĂ© en vue de lâĂ©poque qui tentera dâinfluencer le cours de lâhistoire Ă son avantage. Ou selon ses orientations.

Le coup de génie ? Cette histoire est sans fin. La situation dans laquelle se termine votre partie déterminera la situation de départ de la prochaine partie. Faites tomber le régime en place, plongeant le pays dans le chaos, et la partie suivante débutera avec une nation dans le chaos le plus complet. Ce qui entraßnera, pour les joueurs, de nouveaux objectifs et de nouvelles stratégies à élaborer.
La magie du truc, câest lâabsence de script prĂ©-Ă©crit (comme dans un jeu en campagne avec des embranchements) ou de fin. Chaque partie va profondĂ©ment modifier lâenvironnement. Et chaque dĂ©cision peut avoir des consĂ©quences en cascade sur plusieurs âgĂ©nĂ©rationsâ.

Et dans la pratique ? Laissons Cole Wehrle lâexpliquer lui-mĂȘme (traduction de son Designer Diary) :
Lors dâune rĂ©cente partie, les joueurs avaient besoin de remporter le soutien populaire pour gagner la partie. Cependant, au milieu de la partie, un joueur eut la vision dâun empire. Il a levĂ© une Ă©norme armĂ©e (devenant trĂšs impopulaire au passage) et a commencĂ© Ă piller les campagnes. Lâordre existant nâa pas pu rĂ©agir Ă temps; ils ont envoyĂ© une armĂ©e qui fut mise en dĂ©route par dâhabiles archers montĂ©s et des forces plus rĂ©actives. En peu de temps, la RĂ©publique fut renversĂ©e et lâEmpire dĂ©clarĂ©.
Si les joueurs jouaient Ă nouveau dans la mĂȘme session Ă une date ultĂ©rieure, ils trouveraient le jeu beaucoup changĂ©. Lâancienne capitale ancestrale serait en ruines, oubliĂ©e. Une nouvelle capitale, nĂ©e de la conscription et du bellicisme, serait au centre de la carte. En outre, il y aurait de nouvelles capacitĂ©s liĂ©es aux modes de vie nomades et Ă la guerre. Et, ce qui est peut-ĂȘtre le plus important, la condition de victoire du jeu serait modifiĂ©e pour rĂ©compenser les joueurs qui contrĂŽlent la plus grande partie du royaume.
Cet empire pourrait durer plusieurs gĂ©nĂ©rations ou tomber en ruine en un rien de temps. Ses consĂ©quences peuvent ĂȘtre incrĂ©mentielles ou dramatiques. Câest aux joueurs de dĂ©cider ce qui va se passer ensuite. JâespĂšre que les joueurs considĂ©reront chacun de leurs exemplaires comme un monde Ă part entiĂšre, avec des histoires profondes et dynamiques. Oath est un jeu sur la façon dont les choses changent. Sur les choses qui sont enterrĂ©es et celles dont on se souvient. Câest un jeu politique, mais seulement dans la mesure oĂč lâhistoire politique sert Ă organiser le passĂ© et Ă donner un sens aux choix du prĂ©sent.
Si aprĂšs ça, vous nâavez pas la bave aux lĂšvres, je ne peux rien pour vous.
Peu de dĂ©tails encore, on sait tout juste que ce sera jouable jusquâĂ 5 joueurs. Avec une structure souple : peu importe que vous jouiez Ă 3 un soir puis enchaĂźner avec 4 autres joueurs le lendemain; ou que vous vous fassiez ensuite plaisir avec quelques parties en solo pour revenir Ă votre groupe initial avec un monde totalement diffĂ©rent.
Oath sera un jeu card driven (pour simplifier). Moins complexe que Pax Pamir mais probablement un peu plus que Root. Avec une mise en place extrĂȘmement simplifiĂ©e/rapide.
Et nous, on suivra cela de prĂšs. De trĂšs trĂšs prĂšs.
Mise Ă jour du 13 janvier 2020
On vient de dĂ©couvrir lâillustration de la boĂźte. Langue pendante depuisâŠ

Il faudra hélas se contenter du jeu en anglais pendant le Kickstarter. Les discussions sont en cours pour la localisation mais la VF (éventuelle) viendra plus tard. Si elle vient.
Les conditions vont aussi refroidir quelques ardeurs. Le pledge âde baseâ tient du Deluxe avec tapis nĂ©oprĂšne, piĂšces mĂ©tal. Et affiche un tarif en consĂ©quence : $90, hors frais de port. On peut dâailleurs sâinquiĂ©ter pour lâavenir du jeu, en boutique, avec un prix conseillĂ© de $110.
AprĂšs une partie filmĂ©e et, surtout, de nouveau Ă©pisodes du Designer Diary publiĂ©s par Cole, on en sait dĂ©sormais plus sur le jeu en lui-mĂȘme.
Je ne vais pas rentrer dans le dĂ©tail mais le mot qui revient le plus souvent chez ceux qui suivent (dont moi^^) est âgame changerâ. Câest bien la premiĂšre fois (il me semble) quâun jeu a Ă©tĂ© conçu pour se souvenir de comment les joueurs jouent et sây adapter, pour adapter lâHistoire Ă leurs histoires.
LignĂ©es, dynasties, ExilĂ©s et Chancelier. Câest la clĂ© du jeu : les joueurs incarnent Ă chaque partie les descendants et hĂ©ritiers de la partie prĂ©cĂ©dente. Le vainqueur de la partie deviendra du coup le Chancelier de la suivante, lâhomme (ou la femme) au pouvoir. Dans un pays qui a Ă©voluĂ© entre-temps selon la façon dont la partie sâest achevĂ©e.
Les autres joueurs, qui ont donc perdu la derniĂšre partie, seront les ExilĂ©s. Plus flexibles. Plus libres de leurs mouvements, de leurs choix. Y compris de rejoindre le Chancelier pour finalement lui prendre sa place en gagnant la partie avec les nouveaux objectifs obtenus en sâassociant.
Le tout avec un simple paquet de cartes (200). Sans destruction de matériel comme pour un Legacy. Sans histoire pré-conçue. Sans scénarios pré-établis. Sans aucun artifice. Chaque fin de partie détermine les conditions de la prochaine; les possessions de chaque joueur déterminant comment le pays aura évolué.
Le mode solo est encore en dĂ©veloppement. Mais on a bien confirmation de la souplesse du systĂšme : aucun souci Ă enchaĂźner une partie Ă 4 puis une Ă deux et un petit solo vite fait avant de retrouver âsonâ groupe de dĂ©part ou mĂȘme dâaccueillir un nouveau joueur. Oath permettra dâailleurs de jouer de base jusquâĂ 6 joueurs (5 prĂ©vu Ă lâorigine).




