Gygès était un roi de Lydie. Selon la légende, il aurait un jour trouvé un anneau qui lui permettait de devenir invisible s’il le tournait vers l’intérieur.
C’est cette légende qui a inspiré Claude Leroy pour la création de son jeu éponyme. Je vous présente ici la nouvelle version proposée par Blue Orange.
Matériel

Cette version est proposée à environ 46€ hors pass sur Ludum. Ce n’est pas rien pour un jeu comportant simplement un plateau en bois et les douze pièces représentant les anneaux. Mais le matériel est magnifique et joue énormément sur le plaisir en jeu avec la manipulation des pièces.
Règles
Elles sont simples et bien écrites. Au livret de règles a été ajouté un guide des mécaniques du jeu avec des situations illustrées à résoudre. C’est un plus indéniable pour découvrir et approfondir les stratégies du jeu.
Principes du jeu
Pour la mise en place, chacun reçoit deux pièces de chaque type (anneau simple, double et triple) et les place sur la première ligne devant lui comme il le désire.

Ensuite, le premier joueur commence. Le but du jeu est de placer une pièce sur le trône adverse (case à l’extrémité). Les pièces n’appartiennent à aucun joueur. Simplement vous êtes obligé de déplacer une pièce située sur la ligne la plus proche de vous.
Lors du déplacement d’une pièce, vous devez obligatoirement la déplacer du nombre de cases correspondant au nombre d’anneaux qui la composent. Donc un anneau simple avancera d’une case, un anneau double de deux cases et un anneau triple de trois cases. Vous ne pouvez pas traverser la case d’une autre pièce, mais vous pouvez vous arrêter dessus. Deux possibilités s’offrent alors à vous :
- Rebondir : vous réalisez un nouveau déplacement avec votre pièce, mais cette fois-ci du nombre de cases correspondant au nombre d’anneaux de la pièce sur laquelle vous avez réalisé le rebond. Vous pouvez évidemment rebondir plusieurs fois de suite, même jusqu’au trône adverse, c’est un peu le but du jeu. Vous avez par exemple ici une situation où ma pièce a démarré en 13 (première ligne troisième colonne) pour aller en 24 (deuxième ligne quatrième colonne) et puis jusqu’au bout.

- Replacer la pièce : vous prenez la place de la pièce et vous la replacez où vous voulez hormis plus loin que la dernière ligne adverse. C’est de cette manière que vous pouvez casser les combinaisons adverses.
Et c’est tout. Une variante royale propose de jouer en quelque sorte en trois manches, la pièce gagnante étant replacée et le jeu se poursuit jusqu’à avoir pris trois fois le trône adverse.
La Partie
J’ai donc pu jouer quelques parties et on découvre très vite les premières combinaisons et points d’attention. La sensation lorsqu’on parvient à réaliser quatre ou cinq rebonds jusqu’au trône adverse est particulièrement satisfaisante.
On se rend donc vite compte qu’on désire créer un “chemin” qui ne sera pas accessible par l’adversaire. On réalise qu’on peut tenter d’attaquer sur le flanc pour limiter les ouvertures et bien d’autres choses encore.
Je n’ai pas pu tester la variante royale mais je pense que cela peut être intéressant car on peut sacrifier une ou deux prises adverses pour ensuite se mettre dans une bonne situation pour la suite de la partie.
Mon avis
On est là sur un jeu complètement abstrait cette fois-ci puisque la situation de départ est connue des deux joueurs et qu’il n’y a pas de hasard. Et c’est clairement le genre de jeu que j’apprécie. On enchaîne rapidement les parties tout en progressant. Au final je crois que j’adore même perdre à ce genre de jeux car ça me permet de me remettre en question et de chercher à m’améliorer. Ici par exemple une défaite où j’ai pu me défendre d’une agression en replaçant une pièce adverse mais pas de la deuxième :

Le matériel magnifique ajoute encore une fois au plaisir de jeu et l’édition est parfaite à ce niveau-là . C’est d’ailleurs cette réédition qui m’a permis de découvrir le jeu et je ne le regrette pas du tout.
On se donne rendez-vous demain pour un autre jeu !

