Image de couverture
Flashback

Rétro Ludo : Tonga Bonga

NS
par Nsan, le

Je vous parle d'un temps où les jeux avaient trois règles et demie, des parties courtes mais dans lesquelles ça discute, ça pleurniche et ça tente des coups de Trafalgar

Année : 1998 (Ravensburger)
Rééditions :

  • 2024 en Anglais/Coréen → chez Playte
    Version possédée : 2024

Auteur : Stefan Dorra
Artiste : Franz Vohwinkel

Il existe une autre version chez Playte qui se nomme Batam (2025). Le jeu reprend le gameplay original avec deux modifications: la carte est légèrement plus petite et les jetons sont remplacées par des cartes. Playte, spécialiste des rééditions d’anciens jeux, remis au goût du jour et dans un format rikiki. Spoiler, il y aura d’autres vieilleries estampillées Playte dans ma Retro Ludo.

Avant toute chose, j’aimerai quand même citer l’artiste derrière les versions chez Playte, car je les trouve magnifiques; Wanjin Gill. Certainement l’illustrateur officiel car il doit être présent sur toutes les boites de l’éditeur. :smirking_face:

Dossier photos

Petit dossier photo avec les boites de jeux, version Playte. Leur gamme “L.Board” rend les jeux ultra transportable. Le plateau de jeu s’enroule autour de la boite pour afficher des mensurations de 14x10x7cm. Le tout est aimanté pour rester bien en place. Un vrai plaisir de voir de beaux jeux dans un si petit format.

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Je ne voulais pas faire une Retro de ce jeu là initialement, mais après y avoir joué avec quelques amis récemment, je dois bien reconnaitre, que ça pourrait parfaitement coller avec les vacances estivales. Très facile d’accès. Jouable en famille. Parties rapides. Ultra transportable. Avec de vraies petites mécaniques sympas. Ca discute beaucoup autour de la table. Un jeu parfaitement convivial. Alors partons sur un jeu un peu plus light pour cet été. Promis, le prochain sera plus gamer. :slight_smile:

Tonga Bonga est un jeu de course dans lequel vous allez devoir convaincre les propriétaires adverses d’embarquer leur équipage dans votre navire, en les soudoyant. Le but; fendre la mer, planter votre bannière dans 4 îles, faire un max de thunes et retourner au bercail pour asseoir votre victoire. Mais gagner la course, ni signifie pas forcément gagner la partie !

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Le jeu se déroule en quatre phases. Recruter un équipage en leur promettant un bon salaire. Lancer vos dés et les attribuer aux plus offrants. Naviguer les mers pour récupérer les trésors. Puis c’est le jour de paie, récupérez votre salaire avant de repartir pour un nouveau tour.

Le recrutement

Chaque joueur tente de recruter le meilleur équipage possible, composé de 3 personnes max. Il faut faire une offre de salaire en plaçant une à plusieurs pièces sur le cercle du capitaine et du matelot, sur son plateau personnel. Ce qu’il faut savoir, c’est que les pièces sont aussi vos points de victoire et votre but, en gagner un max. Alors surpayer, c’est perdre de précieux points, mais sous-payer c’est risquer de ne pas avancer à pleines voiles… A vous de trouver le bon compromis entre savoir appâter les capitaines adverses tout en maitrisant votre pactole.

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Le placement de l’équipage

Les propriétaires lancent leurs 3 D6. Les valeurs vont de 1 à 5 et la 6e face est le “mal de mer”. Cette dernière indique simplement un dé qui ne peut pas être placé sur les plateaux individuels. Cependant, les capitaines ont la possibilité de relancer tout ou partie de leurs dés. La première relance coûte 2 pièces. La 2e relance, 3 pièces. La 3e, 4 pièces, etc.

Une fois satisfait, les propriétaires vont devoir placer leurs dés sur les plateaux adverses et non le leur ! D’où l’importance de payer correctement les équipages pour qu’ils viennent placer leurs meilleurs dés chez vous.

Ces dés ont une double fonction.

Leur valeur indique les points de déplacement. La somme des trois dés de son plateau, donne le nombre total de déplacement que pourra effectuer le propriétaire avec son bateau.

Mais aussi, leur valeur indique la place sur le plateau individuel. Plus la valeur est haute et plus vous avez de chance d’être capitaine ou matelot, ce qui vous assure un salaire.

Le 3e dé, plus à droite, lui sera un simple passager, non payé. C’est bien le propriétaire du dé en question qui récupère l’argent si à la fin de cette phase, il termine en première ou 2e position.

Pour détailler un peu cette mécanique, quand le propriétaire place son dé, il doit le mettre sur la première case vide en partant de la gauche. Si un dé occupe déjà une case, il se met à droite de celui ci, sauf si son dé est supérieur ou égal à celui déjà posé, alors il prend sa place et pousse l’autre dé d’une case vers la droite. Un 5 ne peut être battu que par un autre 5.

La navigation

Une fois tous les dés posés sur les plateaux individuels, en commençant par le premier joueur, chaque propriétaire déplace d’autant de cases que la somme des dés. Son but : rallier les îles rapidement pour y planter un drapeau et récupérer de la thune, en masse.

En effet, a chaque nouvel amarrage, le propriétaire du bateau reçoit 25 pièces. Wahou cool. Mais si tu arrives 2e sur l’île, tu devras 5 pièces au premier. Si tu arrives 3e, tu devras 5 pièces aux deux autres. Alors en arrivant dernier … il ne te reste plus que 15 pièces. Eh oui! être en queue de peloton s’est être racketé par les autres. :grin:

Mais pas de panique, ici pas de trajet obligatoire à suivre. Chaque propriétaire est libre de naviguer dans le sens qu’il souhaite. Il y aura forcément une île dont tu auras la primeur de la découverte … sauf si t’es nul. Il y a 5 îles. On en visite que 4, donc il faut faire les bons choix.

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Jour de paie

Assez simple à comprendre, une fois la phase de navigation effectuée, chaque propriétaire récupère ses dés et les salaires associés, s’il y a lieu.

Les tours s’enchainent jusqu’à ce que la fin de partie soit déclenchée. Pour cela il faut avoir planté ses 4 drapeaux et retourner au port de Tonga Bonga. On procède alors au décompte des pièces et le propriétaire avec la plus grosse fortune, remporte la partie !

fin de jeu

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Pourquoi j’aime ce jeu ?

Avant toute chose, je suis assez friand de tous ces petits jeux qui ont trois règles et demie, des parties courtes mais dans lesquelles ça discute, ça pleurniche et ça tente des coups de Trafalgar. Le succès de ces jeux tient aussi, en partie, aux joueurs autour de la table. J’ai tendance à jouer le camelot pour animer la partie. :blush:

Mais il n’y a pas que ça. Tonga Bonga offre quelques petites mécaniques pour le rendre plus qu’un jeu d’animation. Déjà, le fait d’être à la fois “payeur et payé” donne un dynamisme à la partie. On a deux casquettes à gérer. Si tu veux avancer vite sur la carte, tu vas devoir payer convenablement l’équipage. Mais il faut aussi avoir un retour sur investissement. Il faut donc faire en sorte que les adversaires mettent leur meilleur dé sur notre plateau. Ce faisant, on avancera plus vite et on pourra récupérer les bonus plus tôt que les autres, sans devoir leur verser une taxe.

La mitigation des dés est, je dirai, presque une évidence ici. On le sait tous, que les dés peuvent être une vraie frustration dans les jeux. Elle est aussi bien implémentée ici. On peut relancer nos dés moisis, mais cela à un coût. Les pièces étant nos points de victoire, il faudra constamment jauger entre coût et rentabilité. A noter que cette mécanique de relance n’était pas présente dans sa version originale. Et je trouve que c’est une vraie plus value sur le gameplay.

Une autre mécanique, ajoutée à cette nouvelle version, est la présence de cases spéciales sur le plateau (avec Ecco le Dauphin, #Ref2Vieux). On y place aléatoirement des jetons, qui octroient des bonus … ou pas. Certaines cases sont excentrées du “flow” du jeu, c’est donc un risque à prendre pour récupérer ces jetons.

Allez, pour ne pas y voir que du positif, j’aurais aimé une phase de placement de dés un peu différente. Chaque joueur, à son tour, doit placer ses 3 dés. Selon les tirages, les 2 premiers à placer leurs dés, sont lésés par rapport aux autres. Alors certes, l’ordre du tour change à chaque nouveau lancer, mais c’est assez frustrant de passer 2 tours de suite à devoir placer ses dés en premier ou deuxième. IL faudrait essayer d’en placer un dé à tour de rôle.
Pour les tuiles, je les aurais bien laissées face cachée aussi, pour apporter un peu plus de chaos sur la phase navigation.

Mais bon, Tonga Bonga reste un petit jeu convivial qui conviendra aux familles mais aussi aux amateurs de filler pour leurs sessions geek :smiley:

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