Hier soir j’ai joué à Skytear Horde Monoliths en solo et devinez quoi ? C’était vachement bien !
Skytear Horde me faisait de l’oeil depuis un moment, j’avais très envie de jeu de cartes en solo « rapide » (parties de moins d’une heure, pas de campagne), et Marvel Champions me lasse un peu (notamment parce que le jeu a beau être génial, je n’ai aucun attachement à Marvel, je m’en tape, voire j’aime pas). J’ai donc sauté le pas sur la boîte retail de la version Monoliths, ayant entendu qu’elle améliorait pas mal de trucs par rapport à la boîte de base. Monoliths est en effet une extension stand-alone de Skytear Horde.
Allez je m’en fais une petite, je vous montre ?
En réalité, hier soir, j’étais à ma cinquième partie, ce qui m’a laissé le temps de comprendre ce qui est cool avec ce jeu… mais pas d’en découvrir toute la richesse (je n’ai testé que deux des 3 decks préconstruits de la boîte et une seule horde et un seul outsider sur les 3 de la boîte, mais en plusieurs niveaux de difficulté).
Je vous propose un mini récit de partie…
Bzz bzzzz krrrr krr bzzz pshhhhhh… Rebonjour ! Je suis le moi du futur, qui revient après avoir fini d’écrire. Ce n’est pas du tout un mini récit, j’ai menti sans le faire exprès, j’y croyais vraiment avant de commencer. Allez à plus tard ! Bzz bzzzz krrrr krr bzzz pshhhhhh…
… et après je vous explique pourquoi c’est cool ! Dans cette partie je joue le deck préconstruit bleu (les Liothan), contre la horde monolithes et l’outsider (le « boss final », si on le bat, on gagne immédiatement) Cercle violacé. C’est celui qui va avec cette horde « thématiquement », mais j’aurais pu en prendre un autre. J’ai mis le niveau de difficulté de la horde sur 4 (le max étant 5), sans trop croire à mes chances. A noter qu’il faut pondérer ce niveau de difficulté par le fait que cette horde et cet outsider sont les plus faciles de la boîte.

Edit errata : sur l’image ci-dessus, j’ai fait une erreur de règle à la mise en place. Normalement, les sbires, tout en haut, devraient avoir chacun un jeton de point de vie de plus, ce qui rend quand même les choses plus difficiles.
Le tour du propriétaire
Voilà, le jeu est mis en place (c’est rapide !). En bas à droite vous voyez mon deck, en bas à gauche celui de la horde, qui va servir à m’envoyer des monstres et des sorts dans la tronche. Au milieu, une ligne qui sert à plein de trucs : compteur de mana, points de vie de mon château (s’ils tombent à zéro, c’est fini), et à matérialiser les 6 « rangées » sur lesquelles se feront face mes cartes et celles de l’adversaire. A sa gauche, le « portail », qui sert à savoir combien de cartes horde on tire à ce tour (on la pivote à chaque tour et ce nombre change) : on peut le péter, ce qui provoque un effet (l’arrivée du boss, qui attend sagement en haut à gauche du portail, notamment) et le passage au niveau suivant de portail. A sa droite mon château (y’en a plusieurs, au choix), qui a un pouvoir spécifique. Et tout en haut, les 4 cartes sbires, présentes dans toutes les parties, qui vont se renforcer en cours de partie et qui sont reloues car si je les laisse tranquille sur la ligne arrière, ils ne vont pas attaquer mon château mais me faire défausser des cartes de mon deck (autant que leur valeur d’attaque, qui je le rappelle et comme vous allez le voir, va avoir tendance à augmenter à cause de divers effets). Je vous ai dit que si mon deck était vide, la partie était perdue ?

Les phases du tour
Matagot Qualität
Je ne vais pas détailler tout le fonctionnement du jeu mais en gros, au début de chaque tour, on va recevoir du mana… Euh, ah non, pardon, on va RECEVOIRR du mana
(oui, c’est de la Matagot Qualität, y’en a quelques belles)

Fans de JCC et autres JCE, vous serez en terrain connu (et les autres en terre inconnue ?)
Puis on va tirer un nombre de cartes horde défini par le portail. Si c’est un monstre, on le met sur la rangée dispo la plus à gauche, si c’est un sort, on fait ce qui est marqué sur la carte et on défausse. Ensuite on va pouvoir jouer des cartes de notre main : des sorts, des alliés - des personnages qu’on va installer sur une rangée dispo, soit pour faire face à un monstre, soit pour faire face à rien et dans ce cas attaquer le portail ou en profiter pour attirer un sbire sur la ligne, ce qui l’empêchera de nous faire défausser en fin de tour -, des attachements qu’on colle à des alliés en jeu pour leur donner des pouvoirs, ou des tours. Ces dernières se jouent comme les alliés sauf qu’elles ne permettent pas d’attaquer un monstre en face ni d’encaisser des dégâts à la place du château, mais elles ont des effets sympas.
En plus de jouer des cartes, on va pouvoir activer certains effets comme faire bouger un allié sur une autre rangée, attirer un sbire, ou des effets de certaines cartes en jeu, etc.

Piétinement ? J’ai déjà vu ça quelque part…
Bon ici j’ai pas eu de monstre sur le premier tirage, donc j’ai pu attirer des sbires face à mes deux alliés en jeu (en les épuisant, c’est pour ça qu’ils sont un peu reculés par rapport à la ligne), ce qui les empêchera de brûler les cartes de mon deck, à la place ils feront du dégât à mes alliés. Vous voyez quelques tokens en jeu, je les détaille pas. Sachez juste que ceux qui sont sur les sbires sont des points de vie supplémentaires, et que les sbires ont une valeur d’attaque égale à leurs points de vie. Oui, j’en ai déjà un qui tape à 4, et en plus quand il atteint cette valeur, il obtient la célèbre compétence piétinement qui parlera aux joueurs de Magic (ou de Marvel Champions, où ça s’appelle Déferlement) : il met les dégâts qui dépassent les PV de mon allié dans la tronche du château. Il va falloir le gérer à un moment, avant qu’il se renforce trop, lui…
Matagot Qualität, le retour
Oui, j’ai pas précisé, mais à un moment donné du tour, les monstres et alliés qui se font face s’attaquent… Euh non pardon, « SE ATTAQUENT » ! 


Bref, ils se attaquent, donc, ce qui veut dire qu’ils s’infligent mutuellement et simultanément leurs points de dégâts et perdent donc des points de vie jusqu’à potentiellement mourir.

Je prends le contrôle (mais j’omet de vous parler d’un problème qui fera surface plus tard)
La partie avance paisiblement. J’ai pu régler mon problème de sbire renforcé et en mettre temporairement deux hors jeu (mais ils reviendront, hin hin hin). Mais y’a un autre sbire qui a décidé de se renforcer de manière un peu costaude. En revanche, j’ai le contrôle du board : à gauche, un chevalier qui tape assez fort grâce à un attachement qui lui a permis de booster ses dégâts, et tout à droite, une tour à qui il reste une charge pour activer son pouvoir (quand y’en a plus, elle sert plus à rien). On voit aussi que j’ai commencé à tataner un peu le portail : on est pas mal !
Matagot Qualität, le retour de la revanche
D’ailleurs, au tour suivant, j’en finis avec le portail, ce qui provoque (au tour encore suivant) l’arrivée du boss en jeu… et le passage au niveau 2 du portail, qui me permet de gagner plus de mana en début de tour (et des effets très positifs pour moi si je le détruit et que je passe au niveau 3). Mais au fait, on fait comment pour passer le portail au niveau 2 ? Voyons ce que dit la règle.

Je replace la carte afin d’affiche le niveau suivant de portail dans la position supérieure. Hmmm.
Vu que les cartes portail ressemblent à ça (le niveau 2 est au verso), vous m’expliquez dans quelle sens je la mets pour que le « niveau suivant soit dans la position supérieure » ?
Ca veut dire quoi ?

Bon, j’ai demandé conseil aux cwowdiens qui connaissent le jeu et la réponse est : on met la carte dans son sens « normal ».
C’est bien beau d’avoir le contrôle du board, mais…
La partie continue d’avancer en attendant l’arrivée de l’outsider au tour suivant. J’ai oublié de vous dire que certes, sur la dernière photo, j’avais le contrôle du board, mais que ça c’était fait au prix de nombreux « pillages » (quand les sbires de la ligne arrière me font défausser des cartes de mon deck). Bref, d’un coup, c’est la prise de conscience et la panique : mon deck est quasi vide (quand il est vide vide, c’est fini, je le rappelle).

Sueur froide
Je me dis qu’au tour suivant, le boss arrive, doit normalement se placer en face de mon allié le plus fort (première rangée dispo), et que vu que ses dégâts sont bien boostés, je viendrai à bout de sa dizaine de PV en deux tours. J’ai juste à temporiser, et attirer les sbires sur la ligne de front pour ne pas qu’ils pillent, et ça devrait passer.
Début de tour, tirage de carde horde… Oh putain


Pour bien comprendre ce qui m’embête : cette carte renforce encore plus le sbire qui était déjà bien costaud, mais en plus le fait se bouger dans la rangée face à mon allié le plus fort, à savoir celui qui, dans mes plans, devait faire face au boss (qui arrive sur le champ de bataille juste après le tirage de cette carte).
Me voici donc dans cette situation :

Le choc des titans (ou pas)
Sur la ligne des ennemis, on a à gauche le sbire complètement pété face à mon chevalier boosté aux hormones (avec tokens et attachements), et juste à côté l’outsider Cercle violacé (le boss quoi) qui fait face à un allié qui ne fait qu’un point de dégât
(et encore à côté un sbire qui va défoncer ma Freyhel - ou plutôt frêle - alliée, mais ça c’est pas trop grave, c’est le baroud d’honneur de toute façon)
Je me dis que c’est foutu puis je me rappelle qu’on peut épuiser deux alliés pour switcher leur position. Je le fais pour placer le chevalier face à l’outsider. Mais ça ne règle pas vraiment mon problème, car le sbire chiant a piétinement et fait actuellement 10 dégâts (dont 5 absorbés par le clan du poisson des glaces qui va clamser dans la foulée), mais je vais difficilement contenir ses dégâts pendant deux tours. Or, mon chevalier ne fera que 6 dégâts sur le boss lors de la phase de combat (il en faudrait 10 car il a 9 pv + 1 point d’armure).
Et soudain l’illumination
Il me reste un Cor de Liothan en main.

Ca donne piétinement à l’allié attaché… ce qui ne m’est d’aucune utilité ! En revanche l’effet quand la carte est jouée (attachée à un allié)… Oui ! En l’attachant à un allié, ça va permettre à cet allié ou un autre (au hasard, le chevalier), de faire un combat contre son adversaire d’en face avant la phase combat. En fait ça va leur permettre de « se attaquer », quoi. Et de re « se attaquer » de façon normale lors de la phase combat. Comme en plus le cercle violacé est un outsider qui, de base, ne fait pas de dégâts, mon chevalier va lui tataner la tronche deux fois, sans la moindre égratignure.
Et c’est une victoire sur le fil !
Un tower defense ? Ouais d’accord y’a quelques cartes tours, mais…
J’adore ce jeu. Une petite impression de jouer à Hearthstone en physique, mais en plus riche, et malgré tout très fluide (sauf quand on a un doute de règle ou sur un mot clé, mais c’est rare et ça s’apprend vite). D’ailleurs, le jeu est souvent défini comme un tower defense : je n’en ai pas vraiment les sensations, je n’ai pas l’impression d’être en train de « défendre mon royaume », car le jeu demande d’être assez agressif en raison de la pression mise par les quatre zozos du fond qui crament notre deck si vital de plus en plus vite si on les laisse faire. En plus pour moi le tower defense ça va avec l’idée d’une progression des ennemis, d’une avancée vers l’endroit qu’on doit défendre. Pour moi c’est vraiment du Hearthstone/Magic solo (ça peut se jouer en coop et même compétitif, mais j’ai pas essayé).
L’idée géniale
Surtout, y’a un truc tout bête mais assez génial que je n’ai pas mentionné jusqu’ici, même si les plus attentifs l’auront peut-être remarqué grâce à la photo des phases du tour : il n’y a pas de phase de pioche dans ce jeu. C’est sans doute pas Skytear horde qui a inventé ça hein, mais ça marche super bien ici. Les seuls moyens de piocher des cartes dans ce jeu, ce sont de rares effets de cartes (donc généralement ça a un coût en mana), ou le fait de tuer un monstre adverse. Ce qui renvoie à la notion d’agressivité évoquée au paragraphe précédent. Pourquoi c’est génial ? Parce que déjà ça rend les cartes très précieuses - il faut vraiment peser chaque action -, mais ça fait qu’on ne va pas voir beaucoup de cartes de notre deck (40 cartes) pendant la partie, vu qu’on va aussi en défausser plein à cause des pillages de sbires. Certains vont détester ça car ça veut dire qu’on ne verra pas tout son deck, qu’on ne va pas pouvoir appliquer une stratégie décidée en amont, mais qu’on va devoir s’adapter à ce qu’on a… et à ce qu’on aura peut-être. Accessoirement, cela nous pousse à potentiellement faire des choses complètement différentes avec le même deck, d’une partie sur l’autre. Ca, j’aime !

J’ai essayé plusieurs niveaux de difficulté sur le deck horde Monolithes (pas testé le niveau max, 5) et c’est assez bien foutu le système de modulation de difficulté. En revanche je n’ai pas essayé d’affronter d’autres hordes ni un autre outsider. Mais j’ai jeté un oeil à un autre et il apporte un énorme changement de gameplay (voir encadré en noir en haut) :

Oui ! Elle a un effet passif pendant toute la partie, même avant qu’elle entre en jeu : les cartes horde sont invoquées face cachée sur les rangées et ne se révèlent (monstre ou sort) que lors de la phase combat… Donc après la phase pendant laquelle on joue nos cartes. Ca va pas être simple mais je trouve génial ce changement.
La cerise sur le monolithe
Pour finir sur des choses plus triviales : je trouve le design général du jeu très plaisant, et les illustrations des cartes très belles, même si l’univers est assez osef. Et il y a un petit insert dans la boîte, ça mange pas de pain (mais pas adapté à un rangement vertical).

J’ai encore écrit trop long, à vous les studios 

